France & DOM dossier ARCE règles avantages et inconvénients créateur entreprise
H1 260918 France & DOM : dossier ARCE, règles, avantages et inconvénients pour le créateur d’entreprise
Christophe Guyot-Sionnest expert-comptable, commissaire aux comptes depuis 1990 MOB +33667399676 BUR +33188245403 email contact@conseil-cac.com site web www.conseil-cac.com
L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise, appelée ARCE, permet à un demandeur d’emploi de recevoir sous forme de capital une partie de ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Elle peut apporter une trésorerie immédiate au créateur ou au repreneur, mais elle entraîne l’arrêt du versement mensuel de l’ARE.
Le choix entre l’ARCE et le maintien partiel de l’ARE doit donc résulter d’une véritable analyse financière. Le besoin initial de financement, la rémunération du dirigeant, les perspectives de chiffre d’affaires et la trésorerie personnelle doivent être examinés avant toute demande.
Qu’est-ce que l’ARCE ?
L’ARCE est versée par France Travail aux créateurs ou repreneurs d’entreprise remplissant les conditions requises. Elle correspond à 60 % du montant des droits à l’ARE restant à verser au moment du démarrage de l’activité.
Une participation de 3 % destinée au financement des retraites complémentaires est déduite du montant calculé. L’ARCE est également soumise à la CSG et à la CRDS selon la situation du bénéficiaire.
L’ARCE ne constitue pas une aide supplémentaire venant s’ajouter à l’ARE. Le bénéficiaire doit choisir entre :
le maintien mensuel, total ou partiel, de l’ARE en fonction des revenus de sa nouvelle activité ;
le versement d’une partie de ses droits sous forme d’ARCE.
Les règles officielles ont été actualisées le 13 août 2026 sur le portail Entreprendre.Service-Public.fr.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de l’ARCE ?
Le créateur ou le repreneur doit remplir trois conditions cumulatives :
avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de son contrat de travail ;
bénéficier de droits ouverts à l’ARE ;
bénéficier de l’ACRE, l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise ouvrant droit à une exonération partielle de cotisations sociales.
L’entreprise peut être exploitée sous différentes formes : entreprise individuelle, micro-entreprise, EURL, SARL, SASU ou SAS. Lorsque l’activité est exercée en société, le demandeur doit respecter les conditions d’éligibilité à l’ACRE, notamment celles relatives au contrôle effectif du capital.
L’inscription à France Travail doit être réalisée et les droits à l’ARE doivent être ouverts avant le dépôt de la demande d’ARCE.
Quels documents faut-il réunir ?
Le dossier doit notamment comprendre :
le formulaire ou la demande d’ARCE adressée à France Travail ;
le justificatif d’immatriculation au Registre national des entreprises ;
l’extrait K ou Kbis lorsque l’activité est commerciale ;
le justificatif de création délivré par le guichet unique ;
la preuve de l’attribution de l’ACRE ;
les statuts signés pour une société ;
la décision de nomination du dirigeant, lorsqu’elle n’est pas directement prévue dans les statuts ;
un relevé d’identité bancaire ;
les documents complémentaires demandés par le conseiller France Travail.
Depuis 2026, l’ACRE n’étant plus automatiquement accordée, il convient de déposer préalablement un dossier complet auprès de l’Urssaf. Une demande d’ARCE engagée sans justificatif d’attribution de l’ACRE risque d’être retardée.
Le bénéficiaire doit conserver les accusés de réception, notifications et justificatifs transmis. Ces pièces permettront de justifier le montant reçu et les conditions du second versement.
Comment l’ARCE est-elle versée ?
L’ARCE est payée en deux fractions égales :
le premier versement intervient lorsque toutes les conditions sont remplies ;
le second versement intervient six mois après le premier.
Pour recevoir la seconde moitié, le bénéficiaire doit démontrer que l’activité non salariée existe toujours. Il doit également ne pas exercer un emploi en CDI à temps plein. Cette dernière condition fait l’objet d’une attestation sur l’honneur et peut être vérifiée par France Travail à partir des déclarations sociales nominatives.
Depuis le 1er septembre 2026, la condition relative au CDI à temps plein ne s’applique pas, sous certaines conditions, aux créateurs ou repreneurs travaillant dans leur propre société coopérative de production.
Le premier paiement peut être retardé par les différés d’indemnisation applicables à la situation personnelle du demandeur.
Exemple de calcul de l’ARCE
Un créateur dispose encore de 20 000 € de droits bruts à l’ARE au début de son activité.
L’ARCE théorique s’élève à :
20 000 € × 60 % = 12 000 €
Après déduction de la participation de 3 % :
12 000 € – 360 € = 11 640 €
Sous réserve des autres prélèvements applicables, le bénéficiaire percevra deux versements de 5 820 €.
Les 40 % de droits non convertis en ARCE ne sont pas immédiatement versés. Ils peuvent, sous conditions, être repris ultérieurement si l’activité cesse et si les droits ne sont pas prescrits.
Quels sont les avantages de l’ARCE ?
Le premier avantage est l’obtention rapide d’un capital mobilisable pour financer le démarrage de l’entreprise.
Cette somme peut notamment servir à :
acheter du matériel ou un véhicule professionnel ;
financer un stock initial ;
constituer une trésorerie de sécurité ;
verser un dépôt de garantie ;
financer les frais de communication et de lancement ;
renforcer un apport personnel pour obtenir un prêt bancaire.
L’ARCE offre également davantage de visibilité qu’un maintien mensuel de l’ARE dont le montant peut varier en fonction des rémunérations déclarées.
Elle peut enfin être pertinente lorsque l’activité doit produire rapidement du chiffre d’affaires et que le créateur dispose d’autres ressources personnelles pour couvrir ses dépenses courantes.
Quels sont les inconvénients de l’ARCE ?
L’ARCE supprime le versement mensuel de l’ARE. Le créateur perd donc le revenu régulier qui pouvait sécuriser sa situation personnelle pendant les premiers mois d’activité.
Le capital reçu peut être rapidement consommé si le budget initial est sous-estimé. Il existe alors un risque de double difficulté : une entreprise manquant de trésorerie et un dirigeant ne percevant plus d’allocation mensuelle.
L’option pour l’ARCE ne permet pas non plus de valider des trimestres de retraite de base au titre du chômage indemnisé, contrairement au maintien de l’ARE.
Le second versement n’est pas garanti si l’activité a cessé ou si le bénéficiaire exerce un CDI à temps plein hors cas dérogatoires.
Enfin, le terme « capital » peut prêter à confusion : l’ARCE est versée personnellement au bénéficiaire. Elle ne devient pas automatiquement du capital social ou une ressource appartenant à la société.
Comment verser l’ARCE à la société ?
Lorsque le bénéficiaire utilise l’ARCE pour financer sa société, les flux doivent être juridiquement et comptablement identifiés.
Les sommes peuvent notamment être apportées :
au capital social ;
en compte courant d’associé ;
dans le cadre d’une augmentation de capital ultérieure.
Un versement sur le compte bancaire de la société sans libellé, convention ou justificatif peut créer une difficulté comptable. Le traitement retenu influence les conditions de remboursement, les capitaux propres et la présentation des comptes annuels.
Quel est le rôle du commissaire aux comptes ?
Le commissaire aux comptes n’accorde pas l’ARCE et ne certifie généralement pas le dossier transmis à France Travail.
Lorsqu’il intervient dans l’entreprise, il vérifie toutefois la correcte comptabilisation des sommes apportées par le dirigeant, la justification des comptes courants d’associés, la régularité des opérations sur le capital et la correcte séparation entre les dépenses personnelles et professionnelles.
Il examine également les conséquences d’une consommation rapide de l’ARCE sur la trésorerie et la continuité d’exploitation.
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Le choix entre ARCE et maintien de l’ARE doit être effectué à partir d’un budget de trésorerie couvrant au minimum les douze premiers mois d’activité. Il convient de distinguer les besoins de l’entreprise des dépenses personnelles du dirigeant et d’anticiper le financement de la période suivant le second versement.
Christophe Guyot-Sionnest intervient en France métropolitaine et dans les DOM pour les missions de commissariat aux comptes, d’audit financier et de contrôle des opérations sur le capital.
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Questions fréquentes – FAQ
Quel pourcentage des droits ARE est versé au titre de l’ARCE ?
L’ARCE représente 60 % des droits à l’ARE restant à verser au début de l’activité, avant la déduction de 3 % destinée au financement des retraites complémentaires et les prélèvements applicables.
Peut-on cumuler l’ARCE et l’ARE mensuelle ?
Non. Le bénéficiaire choisit entre le versement de l’ARCE et le maintien mensuel de l’ARE avec les revenus de l’activité.
L’ACRE est-elle obligatoire pour obtenir l’ARCE ?
Oui. L’attribution de l’ACRE constitue l’une des trois conditions d’obtention de l’ARCE.
Quand intervient le second versement ?
Il intervient six mois après le premier, si l’entreprise est toujours en activité et si le bénéficiaire ne travaille pas en CDI à temps plein, sauf dérogation applicable notamment à certaines SCOP.
Que deviennent les 40 % de droits non versés ?
Ils peuvent être repris sous forme d’ARE en cas de cessation de l’activité, sous réserve d’une réinscription à France Travail, de l’application d’un différé et du respect du délai de validité des droits.
L’ARCE doit-elle être comptabilisée par la société ?
Pas directement si elle reste sur le compte personnel du bénéficiaire. Si les fonds sont transférés à la société, ils doivent être comptabilisés selon leur nature : apport au capital, compte courant d’associé ou autre financement formalisé.
Les règles sont-elles différentes dans les DOM ?
L’ARCE est un dispositif national géré par France Travail. Le demandeur doit toutefois vérifier auprès de son agence territorialement compétente les modalités pratiques, les justificatifs et les éventuelles adaptations applicables à sa situation.
Article rédigé ou présenté par Christophe Guyot-Sionnest
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